Après l’article, ‘Manipulation des récits par les saoudis najdis pour cibler l’Irak comme source du mal‘, tentons de comprendre pourquoi des musulmans indiquent que, la source de l’affliction vient précisément d’une certaine région de l’Arabie centrale.

Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab appartenait à la tribu des Banu Tamim.

Les noms des tribus

Il est né dans le village de Uyayna (Ouyayna) près de la ville de Huraimila [Huraymila] dans le désert du Najd.

Le Najd est la PARTIE CENTRE-EST de l’Arabie Saoudite, vers l’Est de Hedjaz ou de Médine [Madina].

Maintenant, elle est nommée ‘RIYADH‘.

BURAYDAH est la capitale des wahhabo-salafistes.

Le Najd est aussi la région de naissance de Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab et des présents wahhabo-salafistes de la famille Saoud.

Le Najd est à l’Est de Madina.
“la partie Sud de Najd a la célèbre ville de Riyad, la capitale du Siège [wahhabite] est Dariya [Addar’yah].
Ces deux villages sont situés dans la vallée appelée ‘WAADI Hanifa, située dans le Najd’.”

Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab a appelé les princes de l’Arabie centrale, le peuple d’Ad-Dar’iyyah [Addar’yah], dans le Najd, pour le soutenir.

Et, ils ont pris l’initiative d’étendre la doctrine wahhabite de manière à renforcer et à étendre leur royaume. 

En 1932, l’Arabie saoudite est créé par le roi Abd-al-Aziz (connu internationalement comme Ibn Saoud).

Il est appelé aussi le Lion de Najd.

Il a repris Hijaz de la famille hachémite et unifié le pays sous la domination de sa famille.

[Abdul-Aziz Ibn Muhammad Ibn Saoud]
Image de 1947 Source ICI
Image de 1947 Source ICI

Ibn Saoud et propagation de la croyance wahhabite

L’idéologie de Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab a commencé à se refléter en 1143 AH (après l’Hégire – 1730) et à se propager après 1150 AH (1737).

Les savants des quatre écoles de la science islamique, même le frère de Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab, le cheikh [savant] Souleiman ont réfuté son idéologie fanatique.

Mais Mouhammad Ibn Saoud, le Prince de Ad-Dar’iyyah en Arabie centrale l’a soutenue et a œuvré pour propager l’idéologie wahhabite.

Ibn Saoud était de Banu Hanifah [une tribu] et des gens partisans d’al-Musaylima Kadhab (un homme qui prétendait être un prophète; lequel a toujours été appelé ‘le Grand Menteur‘ – en arabe, الكذاب : al -Kadhāb ).

Al-Musaylima Kadhab était un homme blasphématoires qui revendiqua le statut de la prophétie pour lui-même, après la mort du Prophète Mouhammed (saws).

[SAWS – Ces lettres représentent les mots arabes s allallahu a layhi w a s alaam”, qui est une abréviation utilisée, par les musulmans, signifiant que ‘les prières et la paix de Dieu soient avec lui’]

Les musulmans ont tué Kadhab pendant le califat d’Abu Bakr (ra).

[ra – Radhiallah Anhou signifie ‘Qu’Allah soit satisfait de lui’. Il est ajouté après les noms des compagnons et des épouses du prophète Mouhammed par respect.]

Lorsque Muhammad Ibn Saoud est mort, son fils Abdul-Aziz Ibn Muhammad Ibn Saoud a pris la responsabilité de s’acquitter de cette tâche vile qui est la propagation de la croyance wahhabite.

Image de 1947 Source ICI

Mais que disent des écrits en Islam?

Sur l’autorité d’al-`Abbas:

‘Un homme va sortir du Wadi Abou HanifahNajd] (dont l’apparence est) comme un taureau qui se fend contre son joug.

Il y aura beaucoup d’abattage et de meurtre de son temps. Ils rendront les biens des Musulmans licites pour eux-mêmes et pour les échanges (commerciaux) entre eux.

Ils feront la vie des musulmans licite pour eux et pour se vanter entre eux.

Dans cette confusion, le mépris et les vils permettront d’atteindre des positions du pouvoir.

Leurs désirs veillent vous tenir compagnie avec eux, comme un chien tient compagnie à son maître. “

[Hadith prophétique (1)]

D’après des récits prophétiques de l’Islam l’alliance entre Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab et cette famille Saoud sera dangereuse.

Pour comprendre aussi la formation de l’idéologie de Mouhammad ibn ‘Abd al-Wahhab avant son alliance à la famille Saoud, il est intéressent de lire:

[Ce qui suit est tiré de la deuxième partie de: ‘Ponction du Rêve du Diable à propos des hadiths du Najd et Tamim‘]

La plus connue tribu de l’Arabie centrale est celle de Banu Tamim.

Il y a des hadiths où l’on trouve des louanges de la plupart des tribus arabes.

Pour donner une idée de ses louanges, voici quelques exemples:

1

    Le Messager d’Allah (saws) a dit: ‘O mon Dieu ! Bénis sept fois [la tribu de] Ahmas, ainsi que ses chevaux et ses hommes’

[Ibn Hanbal, dans Haythami, Majma ‘, X, 49. D’après al-Haytham ses narrateurs sont tous dignes de confiance.]

2

Ghâlib ibn Abjur a dit :

    J’ai mentionné Qays en présence du Messager de Dieu (saws) , et celui-ci a dit :

«Que Dieu montre Sa Clémence envers Qays».

On l’interrogea: «O Messager de Dieu ! Es-tu en train de demander à Dieu Sa Grâce pour Qays?»

Il répondit: «Oui. Il a suivi la religion de notre père Isma’îl ibn Ibrâhîm l’Ami de Dieu.

Qays salue notre Yémen ! Yémen salue notre Qays !

Les gens de Qays sont la cavalerie de Dieu sur terre»

[Tabarani, a déclaré Sahih d’al-Haytham, X, 49.]

3

Anas b. Malik a dit:

    «Si nous ne sommes pas de Azd, nous ne sommes pas du genre humain».

[Tirmidhi, Manaqib, 72; confirmée par Mubarakfuri, X, 439 comme sahih Gharib Hasan.]

‘Abdallah ibn Mas’ud a dit :

    «J’ai vu comment le Messager de Dieu louait les gens de la tribu de Nakh ».
Ou d’après une autre version :
«Il les loua jusqu’à ce que je désirai être l’un d’eux»

[Ibn Hanbal, avec une solide isnad (chaine de transmission). Haythami, X, 51.]

4

Sur l’autorité d’Abdallah ibn Amr ibn al-As, qui a dit:

‘Abdallah ibn Amr ibn al-As dit : J’ai entendu le Messager de Dieu dire: «Le commandement [le Califat] devrait appartenir aux Qurayshites.

Nul ne devrait s’opposer à eux sans être terrassé par Dieu Lui-même, aussi longtemps qu’ils établissent la religion»

(Bukhari, Manaqib, 2.)

Les hadiths qui semblent faire l’éloge des tribus ne sont donc pas exceptionnels.

Et, ils ne peuvent, par aucun effort d’imagination, être employés pour indiquer la supériorité des Tamims sur d’autres tribus.

En fait, hors de cette vaste littérature sur les mérites des tribus, on ne trouve qu’un seul hadith louant directement les Tamims.

Le voici:

«Ils seront les plus sévères de ma communauté contre l’Antéchrist (le Dajjal)».

L’un d’eux a été fait esclave, et ‘A’isha le possédait.

Il (saw) dit à ‘A’isha: «Libère-le car il est de la descendance d’Isma’îl».

Et, quand vint leur zakat, il (saw) dit: «Voici la zakat d’un peuple», ou d’après une autre version «de mon peuple.»

(Bukhari, Maghazi, 68.)

[Sur l’esclavage. Prendre note que L’Islam a interdit l’esclavage dans un sens théologique et a suggéré des mesures pour l’éliminer sociologiquement. L’esclavage était courant à l’époque préislamique et a été adopté par de nombreux anciens systèmes juridiques. L’Islam a proposé l’émancipation progressive des esclaves existants en introduisant des lois qui assureraient l’égalité de tous les êtres humains pour créer une société juste afin d’éliminer cette institution une fois pour toutes. Quand l’Islam est arrivé les arabes et d’autres communautés pratiquaient cet acte comme une tradition acquise et inviolable.]

Ce hadith indique clairement que la rigueur de Taminites sera utilisée, et non contre l’Islam dans la bataille finale contre le Dajjal [Antéchrist, le bouffon du diable, ..] culminant, et c’est incontestablement un mérite.

Le second point est moins important, puisque tous les Arabes sont des descendants d’Ismaël; tandis que les variantes du troisième point, il est difficile d’établir la signification d’une manière non ambiguë.

Même l’interprétation la plus positive, toutefois, nous permet de conclure tout au plus que le Prophète a été satisfait de cette tribu au moment où elle payait sa zakat [une aumône].

Comme nous allons le voir, son paiement de la zakat s’est avéré de courte durée.

En réalité, les hadiths critiquant ouvertement et explicitement les Tamimites sont bien plus nombreux.

[une tribu qui comprend plusieurs groupement.]

Certains textes prophétiques touchent certains de leur héritiers.

Ces hadiths sont généralement ignorés par les pro-apologistes Najdites [wahhabo-salafistes].

Mais, la Science islamique traditionnelle exige que tous les éléments de preuve soient rassemblés et pris dans leur ensemble avant de rendre un verdict, et pas seulement quelques-uns

Les éléments de critique abondants sur Banu Tamim démontrent, hors de tout doute, que cette tribu a été considéré par le Messager et par les Salafs (les premiers pieux) comme profondément problématique.

Une première indication de la nature des Tamimites est donnée par Allah (swt) lui-même dans la sourate Al-Hujurat.

[SWT, en arabe, ‘Soubhanahou wa ta’ala’ se traduit par ‘Gloire à Lui, l’Exalté’ ou ‘Glorieux et Exalté Il est’.]

Dans verset 4 de cette sourate, Allah (swt) dit:

“Ceux qui t’appellent à haute voix de derrière (3) les chambres, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. (4)”

L’occasion de la révélation (al-Sabab Nuzul) s’établit comme suit:

«Les “chambres” (Hujurat) ont été des endroits fermés par des murs.

Chacune des épouses du Messager d’Allah (saws) avait une d’entre elles.

Le verset a été révélé dans le cadre de la délégation de Banu (tribu) Tamim qui est venu voir le Prophète (saws).»

Ils sont entrés dans la mosquée, et s’approchèrent des chambres de ses épouses. Ils se tenaient devant eux et disent:

«Mohammad ! Viens dehors vers nous!»

Cette façon d’agir dénotait une grande rudesse, une profonde grossièreté et un grand manque de respect. 

Le Messager de Dieu attendit quelques instants et sortit finalement vers eux. 

L’un d’eux, connu comme al-Aqra’ ibn Habis, dit: «Mohammed !

J’aime être loué, et n’aime pas être blâmé !».

Et le Messager rétorqua: «Malheur à toi ! C’est là le propre d’Allah (swt) !»

(Imam Muhammad ibn Ahmad ibn Juzayy, al-Tashil [Beyrouth, 1403], p.702. Voir aussi les ouvrages Tafsir autres aussi Ibn Hazm, Jamharat Ansab al-Arab [Le Caire, 1382], 208, dans le chapitre sur Tamim).

Hormis cette condamnation coranique, de nombreux hadiths mettent en garde la communauté islamique contre cette tribu.

D’après ‘Imran ibn Husayn (ra): un groupe de Tamimites vint vers le Prophète, qui dit:

«O tribu de Tamim ! Recevez de bonnes nouvelles !».
Ils répondirent: «Tu nous a promis de bonnes nouvelles ! Donne-nous donc quelque chose [de l’argent] !».

En entendant cela, le visage du Prophète changea.

Alors quelques Yéménites vinrent, et il leur dit :

«O peuple du Yémen ! Acceptez de bonnes nouvelles, bien que les tribus de Tamim ne les aient pas acceptées !».

Ils dirent: «Nous les acceptons».

Le Prophète commença alors à parler du début de la Création et du Trône »

[Bukhârî, Bad’ al-Khalq, 1]

Une des qualifications attribuées souvent aux Tamimites dans la littérature du hadith est celui d’avoir un zèle extravagant.

Ils sont associés à une forme fanatique de la piété.

Elle est faite d’une adhésion rigide et simpliste plutôt que de compréhension profonde; et, fréquemment, elle défie les autorités religieuses reconnues.

L’Imâm Muslim rappelle la narration d’Abdallah ibn Shaqiq:

Ibn ‘Abbas nous fit une fois un sermon après la prière de l’asr, jusqu’à ce que le soleil disparut et que les étoiles apparurent.

Alors les gens commencèrent à dire:

«La prière ! La prière!».
Un homme des Banu Tamim vint à lui et lui dit de façon constante et insistante:
«La prière ! La prière!».
Et Ibn ‘Abbas répondit: «Serais-tu en train de m’enseigner la sunna, toi malheureux?»

[Muslim, Salat al-Musafirin, 6]

Banu Tamim [tribu] et les Khawarij

Qui sont les Khawarij [Kharijites]?

Il se peut que le mieux connu de tous les hadiths sur les Tamimites, qui encore une fois met en exergue leur zèle extravagant, est le hadith de Zul-Khawaisara.

Abû Sa’id al-Khudri (ra) a dit :

Nous étions une fois en présence du Messager de Dieu alors qu’il était en train de diviser le butin de guerre.

Zul-Khawaisara, un des hommes de la tribu de Tamim, s’approcha de lui et lui dit : 

«O Messager de Dieu, sois équitable !».

 Il répondit: «Malheur à vous! Qui sera équitable si je ne suis pas? Tu es perdu et déçu si je ne suis pas juste!»

Et Omar (ra) a dit:

«Ô messager d’Allah! Donnez-moi la permission de traiter avec lui, afin que je puisse lui couper la tête!»

 Mais le Prophète (saws) dit :

«Laissez-le faire. Et il est des compagnons. Et l’un de vous pourrait détester de faire sa prière en leur compagnie, ou de jeûner en leur compagnie. Ils prononcent le Coran, mais il ne va pas au-delà de leur clavicule. Ils passent à travers la religion comme une flèche passe à travers sa cible.»

Abû Sa’id continua :

«Je jure que j’étais présent lorsque ‘Alî ibn Abi Talib lutta contre eux. Il ordonna de ramener cet homme.»

(Bukhârî, Manaqib, 25. A propos de «passer à travers» voir Abû-l-‘Abbas al-Mubarrad, al-Kamil, chapitre sur les Akhbar al-Khawarij, publié séparément par Dar al-Fikr al-Hadith [Beyrout], pp.23-24: «normalement, lorsque cela arrive, la flèche ne garde presque pas de sang de la cible».)

Habituellement, ce hadith est considéré par les exégètes comme prophétique, un avertissement et une mise en garde contre les Kharijites.

Il y a des croyants fanatiques qui entrent tellement fort dans la religion, qu’ils en ressortent par l’autre porte, sans rien garder, ou presque, d’elle.

Ibn al-Jawzi, le spécialiste hanbali bien connu pour ses hagiographies sur Ma’ruf al-Karkhi et Rabi’a al-Adawiya, confirme ce point de vue.

Dans son livre Talbis Iblis (Beyrout, 1403, p.88), dans le chapitre intitulé «A propos des tromperies diaboliques où tombent les Kharijites», il transcrit le hadith précité, et commente:

«Cet homme était appelé Zul-Khawaisara al-Tamimi […] Il était le premier Kharijite en Islam.

Sa faute était d’être satisfait de son propre jugement; mais s’il s’était arrêté pour réfléchir, il aurait compris qu’il n’y a pas de jugement supérieur à celui du Messager de Dieu».

Ibn al-Jawzi présente alors tout un développement très documenté sur le mouvement Kharijite, et le rôle central que la tribu de Tamim a joué en son sein:

«l’instigateur de la bataille [contre les sunnis à Harura] était Shabib ibn Rab’i al-Tamimi» (p.89). […]

«Amr ibn Bakr al-Tamimi était d’accord pour assassiner ‘Umar» (p.92).

Tout cela malgré le fait que leur camp résonnait comme une ruche, tellement on y récitait le Coran (p.91).

[‘Umar était l’un des compagnons du prophète et il était aussi surnommé le justicier de l’Islam.]

A proprement parler, le mouvement Kharijite commença lors de l’arbitrage de Siffin, lorsque les premiers séditieux quittèrent l’armée du Calife ‘Alî (ra).

L’un d’eux était Abû Bilal Mirdas, membre de la tribu de Tamim (Ibn Hazm, 223), qui malgré sa récitation du Coran et son adoration constantes, devint un des zélotes Kharijites les plus brutaux.

Il est connu pour avoir été le premier à dire le Tahkim, la formule «Le jugement est à Dieu seul» au jour de Siffin.

Un formule qui deviendra le slogan des Kharijites.

Dans sa longue analyse du mouvement Kharijite, l’Imâm ‘Abd al-Qahir al-Baghdadi décrit également la participation essentielle des Tamimites et des tribus du centre de l’Arabie en général.

Tout en soulignant que presque aucun homme des tribus du Yémen et du Hijaz ne contribuèrent à grossir les rangs kharijites, il présente aussi l’activisme ultérieur du kharijite Zul-Khawaisara.

Il apparut devant ‘Alî ibn Abi Talib (ra); et, il dit:

«Ibn Abi Talib ! Je ne te combats qu’au nom de Dieu et de la vie dernière ! », ce à quoi l’Imam ‘Alî répondit: «Que nenni!

Tu es comme ceux dont parle Dieu:

«Dois-je vous informer de qui sont ceux dont les œuvres sont les plus vaines?

Ce sont ceux dont les efforts les égarent dans la vie d’ici-bas, et qui s’imaginent pourtant faire le bien» [Kahf, 103]

(Imâm ‘Abd al-Qahir al-Baghdadi, al-Farq bayn al-firaq (Le Caire), p.80 ; voir également la note p.76 pour une notice complète de Zul-Khawaisara).

En décrivant les rébellions kharijites, qui se sont bien entendu toujours accompagnées de massacres de musulmans civils et innocents, l’Imâm ‘Abd al-Qahir montre bien que la plupart des gros mouvements kharijites sont issus du Najd.

Par exemple, l’Azariqa, l’un des mouvements kharijites les plus corrompus et répandus, était conduit par Nafi’ ibn al-Azraq; lequel appartenait à la tribu centre-arabique des Banu Hanifa.

(‘Abd al-Qahir, p.82)

Comme l’Imâm ‘Abd al-Qahir le rappelle:

«Nafi’ et ceux qui le suivaient considéraient le territoire de ceux qui s’opposaient à eux comme Dar al-Kufr (la maison de la mécréance), dans laquelle ils pouvaient par conséquent massacrer femmes et enfants […].»

Ils avaient l’habitude de dire :

«Ceux qui s’opposent à nous sont des mushrik (polythéistes/ Associateurs), dès lors nous ne sommes tenus à rien en rapport avec ce qu’ils nous ont confié.»

(‘Abd al-Qahir, p.84). 

Après la mort au combat d’Ibn al-Azraq, «le mouvement d’Azariqa prêta serment à Ubaydallah ibn Ma’mun al-Tamimi.

Al-Muhallab lutta contre eux alors à Ahwaz, où Ubaydallah ibn Ma’mun al-Tamimi lui-même périt, ainsi que son frère ‘Uthman ibn Ma’mun et trois cents des Azaraqites les plus fanatiques.

Le reste se retira à Aydaj, où ils firent allégeance à Qatari ibn al-Fuja’a, qu’ils appelèrent Amîr al-mu’minîn.»

(‘Abd al-Qahir, p.85-86).

[Amir al-Mu’minin est un statut, se traduisant généralement par «Commandeur des fidèles» ou «Chef des fidèles».]

(Le commentateur du texte, ‘Abd Qahir nous rappelle que ibn Fuja’a était également de Tamim, p.86)

L’Azariqa, qui massacra sans compter des milliers de musulmans qui refusaient d’accepter leurs vues, avait une rivale dans une autre faction kharijite du Najd.

Cette dernière était conduite par Najda ibn Amir, un membre de la tribu de Hanifa, qui habitait le Najd.

Najda campa son armée à Yamama, qui fait partie du Najd.

(‘Abd al-Qahir, p.87).

Comme cela est toujours arrivé dans l’histoire du Kharijisme, la Najdiyya s’est fragmentée à cause des dissensions générées par leur intolérance et leur animosité.

Parmi les causes de ce schisme, il y avait l’attaque à Médine, qui a produit plusieurs captifs.

Alors, les kharijites, légitimant leur comportement sur leur propre ijtihad [leur propre interprétation de réflexion sectaire], eurent des relations sexuelles avec des femmes musulmanes qu’ils ont réduit en esclavage.

[Ijtihad à l’origine est l’effort des savants à atteindre de justes décisions juridiques basées sur le coran, La sunna (h), le consensus unanime et la raison.]

Trois grandes fractions émergèrent de cette dissension.

La plus dangereuse était celle conduite par Atiyya ibn al-Aswad; laquelle est encore une tribu de Hanifa.

Ensuite, après la mort de Najda, sa propre faction se divisa à son tour en trois, dont une quitta le Najd pour rafler les voisinages de Basra (‘Abd al-Qahir, p.90-91).

[Basra se situe n Irak]

La dernière secte, et la plus importante, était celle de ‘Ibadiyya, qui demeure encore vivante de nos jours à Zanzibar, dans le sud de l’Algérie et à Oman, bien que sous une forme atténuée et plus douce.

Ce mouvement fut fondé par ‘Abdallah ibn ‘Ibad, un autre Tamimi.

On connaît sa thèse selon laquelle les non-ibadites sont des mécréants (kuffar); ils ne sont pas croyants (mu’min), bien qu’ils ne puissent pas être appelés non plus associateurs (mushrik).

«Ils interdisent l’assassinat secret [des non-ibadites], mais permettent les batailles au grand jour.

Ils permettent les mariages [avec les non-ibadites], et le fait d’hériter d’eux.

Ils prétendent que tout cela est une aide dans leur guerre pour Dieu et Son Messager.»

[‘Abd al-Qahir, p.103]

La femme la plus connue parmi les Kharijites est Qutam bint ‘Alqama, membre de la tribu des Tamimites.

Elle est connue pour avoir dit à son fiancé Ibn Mujlam:

«je ne t’accepterai comme mon mari que si tu me donnes une dot dont je dois préciser moi-même les termes.

Elle doit consister en trois mille dirhams, un esclave mâle et une autre femelle, et l’assassinat de ‘Alî !».

Il demanda: «Tu auras tout cela, mais comment puis-je réaliser cela?».

Elle dit: «Attrape-le par surprise.

Si tu échappes, tu auras sauvé les hommes du mal, et tu vivras avec ta femme; si tu meurs dans ta tentative, tu iras au Paradis, et tu auras des délices qui jamais ne tariront ! »

(Mubarrad, 27).

Comme on le sait, Ibn Muljam fut exécuté après avoir poignardé ‘Alî (ra) à Kufa [en Irak].

Les musulmans qui sont désespérément désireux de ne pas voir se répéter les erreurs du passé devraient réfléchir profondément sur ces événements.

Des dizaines de milliers de musulmans absolument consacrés à la foi et à la compréhension de leur pratique religieuse, sont néanmoins tombés dans les filets de la tentation kharijite.

Les ‘ulamâ’ (Savants) font remonter les origines de cette tentation jusqu’à l’indicent de Zul-Khawaisara, qui se considérait lui-même meilleur musulman que le Prophète.

Et lui, comme la majorité accablante des chefs kharijites qui l’ont suivi, étaient des Tamimites.

En outre, la plupart des kharijites non-tamimites étaient de la région du Najd.

Il y a finalement un autre point que les musulmans doivent prendre en compte au moment de forger leur opinion sur le Najd.

C’est l’attitude des Najdis après la mort du Prophète.

Les historiens affirment que la majorité des rebellions contre le paiement de la zakat qui ont éclaté pendant la khilâfa (la califat) de Abû Bakr (ra), sont le fait des Najdis.

Mais plus remarquable encore est le fait que beaucoup des rebellions najdies étaient fondées sur une idéologie anti-islamique.

La plus connue de ces rebellions était conduite par Musaylima, qui prétendait être un prophète.

Et, il établit une fausse sharî’a rivale de celle du prophète Mohammad, qui comprenait des règles quasi-islamiques, comme le jeûne ou les règles alimentaires.

Il prescrivit également des prières trois fois par jour.

L’auteur ajoute qu’une décision semblable a peut être influencée le chiisme duodécimain.

Pour comprendre et découvrir l’origine du chiisme dont son père fondateur était un crypto-juif kabbaliste luciférien, je vous invite à voir la catégorie consacrée à ce sujet.

En tant que leader (Musaylima) de cette fausse religion rivale, il était lui-même ainsi que ses enthousiastes du Najd, dans un état de baghy, c’est-à-dire de révolte hérétique contre la véritable autorité califale.

Dès lors le Calife Abû Bakr (ra) fut pleinement autorisé à envoyer contre eux une armée sous le commandement de Khalid ibn al-Walid.

En l’an 12 de l’Hégire, Khalid infligea une défaite décisive aux Najdites dans la bataille sanglante d’al-Aqraba, qui se déroula dans un pré.

Il est connu par les historiens sous le nom de Pré de la Mort, car beaucoup de grands Compagnons (ra) perdirent leurs vies aux mains des Najdis.

(Voir ‘Abdallah ibn Muslim Ibn Qutayba, Kitab al-Ma’arif [Le Caire, 1960], p.206 ; Ahmad ibn Yahya al-Baladhuri, Futuh al-buldan [Beyrouth], p.86).

Il est intéressant de savoir en outre qu’on peut trouver une indication de la perpétuation de la vie religieuse déviante des najdis dans les récits donnés par le voyageur non-musulman Palgrave.

En 1862, il trouva encore des hommes appartenant à des tribus Najdies qui continuaient à vénérer Musaylima comme un prophète.

(W. Palgrave, Narrative of a year’s journey through Central and Eastern Arabia [London, 1865], I, p.382).

L’autre chef de file de la rébellion Najdite contre la khilâfa (califat) était une femme connue comme Sajah.

Son nom complet était Umm Sadir bint Aws, et qui appartenait à la tribu de Tamim.

Elle se proclama prophétesse d’un seigneur logeant «dans les nuages», qui lui transmettait des révélations par lesquelles elle réussit à réunir les différentes factions des Tamim.

Ces factions s’étaient plus ou moins divisées et dispersées en raison de leur refus d’accepter l’autorité de Médine.

Elle conduisit de nombreuses campagnes contres des tribus qui demeuraient fidèles au vrai message de l’Islam.

On dit en outre que cette prophétesse Najdie s’est unit dans ses desseins à Musaylima.

Cependant, mis à part cela, sa vie est peu connue.

[Ibn Qutayba, Ma’arif, p.405 ; Baladhuri, Futuh, pp.99-100]

Pour compléter toutes ces preuves.

Il est à ajouté, comme extrêmement significatif, le fait qu’aucun des grands muhaddith, mufassir, grammairiens, historiens ou moujahid de toute l’Histoire de l’Islam ne sont issus du Najd.

Et, ceci malgré l’extraordinaire et heureuse profusion de telles personnes dans d’autres régions des maisons de l’Islam.

CONCLUSION

Un matériel conséquent concernant le Najd et les Tamimites s’est transmis depuis le temps des Salaf (premiers pieux).

Si nous rejetons la méthode de certains apologistes pro-Najdis fondée sur des citations extrêmement sélectives des hadiths et associées à de pâles imitations de commentaires médiévaux tardifs, nous devons par conséquent apporter des conclusions définitives basées sur une recherche objective concernant l’Arabie centrale et ses habitants.

Le Coran, les Hadiths saints, et l’expérience des Salafs (premiers pieux) concourent de façon accablante à assimiler la région de l’Arabie centrale à une région de fitna [d’affliction, dissention,…].

La première fitna de l’Islam était issue de cet endroit, notamment par le biais de l’arrogance de Zul-Khawaisara et ses semblables.

Puis, par la suite, cette dissention s’est faite par le biais de l’apostasie et de l’indulgence affichée à l’égard de faux prophètes qui causèrent tant de difficultés à Abû Bakr (ra).

Postérieurement, l’hérésie kharijite, fondamentalement Najdie dans ses racines, jeta une ombre sinistre et durable sur les premiers temps de l’Islam.

Elle a divisé les musulmans, en les détournant de l’expansion de l’Islam jusqu’à Byzance.

Et, elle a propagé rancœur, suspicion et amertume sur les premières générations de musulmans.

Seulement le sympathisant pro-Najdi le plus déterminé, le plus aveuglé et irresponsable peut ignorer cette évidence historique, transmise d’une façon aussi fiable depuis les premiers Salafs (premiers pieux).

Pour de telles personnes, qui vivent dans une illusion complète, malgré l’évidence historique de leur rigorisme littéraliste et leur fourvoiement qu’il a produit, et qu’il produit encore, est en quelque sorte une aire défavorisée par Dieu!

Et, Allah (swt) sait mieux.

Puisse-t-il (swt) unir la Umma par amour pour les premiers musulmans qui refusent le sectarisme, et nous préserver du piège des kharijistes et de ceux qui sont attirés par cet état d’esprit. 

Tiré de “Ponction du Rêve du Diable à propos des hadiths du Najd et Tamim

[Puncturing The Devil],

Traduction en anglais par Kerim Fenari

Wahhabites et un Britannique sioniste
Abdul Aziz bin Saoud avec les agents Britanniques à Basra [Irak] – 1930
Références

(1) Hadith cité dans les six livres de traditions authentiques pour la plupart et aussi dans:

– Al-Sayyid al-`Alawi ibn Ahmad ibn Hasan ibn` Abd Allah ibn `al Alawi-Haddad: Misbah al-Jala anam wa ‘al-fi Zalam shubah Radd al-Bid` i-Al Al-Najdi Lati Adalla biha Al-`awamm [« La lampe des créatures et de l’Illumination des ténèbres qui concerne la réfutation des erreurs de l’innovateur du Najd par laquelle il avait trompé les gens ordinaires »] publié 1325H.

– Al-Sayyid Ahmad ibn al-Zayni Dahlan (mort en 1304/1886). Mufti de la Mecque et de Cheikh al-Islam dans la région du Hedjaz, de l’Empire ottoman: Khulasat al-Kalam fi Bayan umara ‘al-Balad al-Haram [ “La sommation concerne les dirigeants du saint sanctuaire”] (Histoire de la fitna wahhabite à Najd et le Hedjaz) p. 234-236.



Document scribd.com…Puncturing-the-Devil – ‘Ponction du Rêve du Diable à propos des hadiths du Najd et Tamim’

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